22.02.2011

Enfin des nouvelles!


L’an dernier, suite au séisme, nous avons fait un appel à l’aide pour la famille et les proches de Yay Silien, Haïtien, papa de Simon (jardin d’enfants de Geneviève) et époux de Carole Debatty. De nombreux dons ont pu être envoyés et nous avons reçu aussi beaucoup de manifestation de sympathie.  Voici maintenant des nouvelles de la situation actuelle.

En ce qui concerne le frère ainé de Yay, Gérald, nous avons voulu l’aider à se reconvertir dans l’agriculture. Il nous exprime souvent la profonde reconnaissance qu’il éprouve face à ce beau geste de solidarité qui s’est manifesté à lui depuis la Belgique.  Concrètement, il a pu s’équiper d’outils (notamment une charrue), acquérir un deuxième bœuf, payer le dressage de ses bêtes pour le labour et surtout, il a acheté un beau terrain à cultiver,  ce qui constitue en bon investissement pour l’avenir, pour que son projet s’inscrive dans le long terme.

Formant équipe avec son frère Joël et son beau-frère Bessière, ils ont préparé plusieurs terres cultivables (les petits bouts de terre qu’ils possédaient déjà, ainsi que celles de quelques voisins). Ils ont semé et planté bananes, manioc, patates douces, pois, carottes… Malheureusement lors de la saison des pluies, au passage de tempêtes tropicales et de cyclones fréquents dans cette région, ils ont perdu une grande partie de la récolte.

Pour le terrain acheté, les négociations et les démarches ont été longues et il reste encore quelques papiers à régler ensuite il faudra attendre le moment propice aux plantations. Au mois de juin, ils planteront 80 plants de cocotiers, et dans quelques années, les noix de coco seront vendues au marché de la ville. Ils pourront aussi, sur ce terrain, planter d’autres denrées à rendement plus rapide comme les bananiers par exemple. Il est important aussi de diversifier les cultures. C’est un projet à long terme, un regard vers l’avenir dans ce pays où l’urgence prend souvent le devant de la scène.  En attendant, il faut bien manger chaque jour et il leur arrive encore de plonger pour pêcher du poisson…

Lors de l’épidémie de choléra, plusieurs membres de la famille ont été malades. Gérald, Joël, Ilyo (trois frères de Yay) et plusieurs neveux et nièces ont surmonté cette maladie et se portent bien maintenant. Malheureusement, 3 décès sont à déplorer (2 tantes de Yay ainsi que l’épouse de son parrain). La maladie s’est maintenant éloignée…

Début février, la petite Marie est née, venant agrandir la famille de Myriam et René Silien. Elle se porte bien ainsi que sa maman. Ses 3 grands frères et son papa sont heureux de sa venue.

En ce qui concerne l’Ecole du Village, les conditions sont difficiles mais tendent à s’améliorer. Des repas sont servis chaque jour à 85 enfants encadrés par une équipe de 8 enseignants à laquelle s’ajoutent un stagiaire et un intervenant. 

Quelques volontaires français et canadiens sont occupés à construire un premier bâtiment pour l’école. Il s’agit d’un local de dépôt afin d’y stocker le matériel en toute sécurité. En attendant la construction des classes, les jardins d’enfants sont abrités sous des toiles de tente tandis que les classes fonctionnent à l’extérieur sous des abris provisoires construits par les parents.

Des fonds sont encore nécessaires pour la poursuite de ce beau projet (d’autant plus qu’un gros donateur s’est retiré) et Myriam souhaite aussi trouver un professeur pour la sixième classe car la jeune fille qui la remplace actuellement ne restera pas jusqu’à la fin de l’année scolaire. Si vous souhaitez en savoir plus sur le projet de construction et autres besoins de l’Ecole du Village, vous pouvez vous adresser directement à Carole Debatty  caroledebatty@yahoo.fr.

Merci à tous de votre intérêt pour ce coin de terre à l’autre bout du monde…

Carole Debatty

27.01.2011

Des nouvelles de l'école de Torbeck

Nous voulions mettre la lettre que nous avons reçue de TI GREN LAVI en ligne où tout expliqué à propos de la petite école que nous soutenons, malheureuselment il est impossible de la copier/coller ici. Aussi, si cela vous intéresse je vous demande de m'écrire pour que je vous adresse ce courrier en retour. fportu@live.be

01.11.2010

Ooops... je reprends le fil du blog sous l'identité de Françoise

...mais c'est son "épousaillé" Jacques qui écrit ces lignes pour remercier tous les amis qui ont par leur présence, par leurs courriers et surtout par leurs dons à destination de la petite école de Torbeck en Haiti, toutes et tous qui avez contribué à la réussite de nos épousailles du 21 août 2010. Plus de 800 euros ont été versés sur le compte de solidarité avec Haïti par des personnes, familles, amis proches et parfois plus lointains tenant à nous congratuler pour notre presque mariage.

Françoise et Jacques 100.JPG

 

18.08.2010

A quelques heures des épousailles de Françoise et Jacques

vacances 334.JPGC'est donc ce samedi 21 août 2010 qu'auront lieu - à Marbais en Brabant Wallon - les épousailles de Françoise PORTUGAELS et Jacques CHEVALIER. Une grande fête qui devrait rassembler environ 150 personnes.

A cette occasion les "épousaillables" ont demandé qu'à la place des fleurs et cadeaux que leurs amis voudraient leur offrir, ceux-là donc versent ce qu'ils auraient consacré comme somme, ou ce qu'ils désirent, sur le compte de solidarité Haïti à destination de l'école de Torbeck avec en mention "Françoise et Jacques".

Espérons que grande sera la solidarité ! Et une super ambiance à Marbais dès 14 h avec, vers 16 h 30 en point d'orgue : la "cérémonie des épousailles" où tout le monde et chacun(e) sera invité(e) à participer.

20:16 Écrit par fran dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

14.06.2010

PHOTOS DE LA FETE (1)

Ce samedi 12 juin c'était donc la fête de solidarité avec la famille de Yay à l'Ile à Vache en Haïti, alors qu'elles en attendaient 80, les organisatrices du repas ont eu 142 personnes à nourrir, heureusement en dernière minute elles ont couru et certaines ont travaillé énormément dans tous les domaines avant, pendant et après la fête. Félicitations à celles-ci et aux quelques hommes qui leur ont prêté main forte comme on dit, voici quelques photos que j'ai prises et que j'installe sur le blog de ma compagne Françoise, pour les voir + grandes, cliquez dessus ! - Jacques Chevalier.

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PHOTOS DE LA FETE (2)

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Photos de la fête (3)

Suite et fin :

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05.06.2010

Monsanto: suite

Les paysans haïtiens ne sont pas dupes, ils réagissent!

A lire:

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/1114...

Félicitation pour votre conscience et votre courage, les Haïtiens! J'espère que Gérald choisira de bonnes vieilles graines traditionnelles!

Françoise

04.06.2010

lien transmis par Carole

Si vous suivez ce lien vous trouverez un article sur le cadeau empoisonné de Monsanto aux Haïtiens:

http://www.rue89.com/planete89/2010/05/27/le-futur-agrico...

Edifiant!

C'est pourquoi nous voulons aider Gérald à pouvoir se passer de ces graines offertes et à semer des "vraies" graines locales.

Bonne lecture!

Françoise

18.05.2010

souper festif

n117995831569777_9623Faisons la fête !
Souper de solidarité avec nos amis de Haïti

Le samedi 12 juin 2010, à partir de 18h et jusque 21h,
à la Libre Ecole Rudolf Steiner de Court-Saint-Etienne,
un souper haïtien vous sera proposé pour 10€ (adultes), 5€ (- de 14 ans),(boissons et desserts variés non compris)
Ambiance musicale haïtienne !

Le bénéfice sera intégralement versé au profit de nos amis de l'Ile à Vache. Ainsi, ce qui sera récolté comme argent servira à la reconversion du frère de Yay dans l'agriculture. Gérald est pêcheur, il a dix enfants. Pour nourrir sa famille, il plonge chaque jour avec son fusil, il chasse au harpon. Il souffre parfois au niveau de ses oreilles car il plonge depuis beaucoup d’années et les médecins lui recommandent d’arrêter la plongée. Mais c’est son gagne pain alors il continue!
Pour la première fois, Gérald parle de se reconvertir dans l'agriculture si les moyens lui en étaient donnés: location d'un terrain, outillages, etc. Nous avons décidé de l'aider en mettant à sa disposition un petit budget récolté par nos activités.

Réservation indispensable pour la bonne organisation de la soirée en versant votre participation (rappel: un adulte 10€, -14 ans: 5€) sur le compte 063-4923460-66 de Colette Mathy avec la mention " ... repas adulte/ enfants" pour le 10 juin 2010 au plus tard ou de la main à la main auprès de Carole Debatty ou de Françoise Portugaels.

Infos: Françoise Portugaels: fportu@live.be
Carole Debatty : caroledebatty@yahoo.fr
Si vous n'êtes pas libre(s) ce jour-là mais que vous désirez vous associer à notre opération il vous est loisible de verser ce que vous voulez au compte de l'opération: 063-4923460-66.

Et même si vous ne venez pas, invitez vos amis à y être physiquement ou de coeur, merci !
adresse du jour: 18, rue de la Quenique 1495 Court-Saint-Etienne

16.05.2010

message du 11 mai 2010

Très chers tous ,

Me voici un petit moment près de vous avant d aller me coucher, il m est difficile maintenant de vous écrire longuement car en ce moment je ne tiens plus éveillée le soir, or c’est le soir que j’arrive à écrire… mais je pense que c est la chaleur qui fait ça ! Eh oui on a vraiment très très chaud et ça devient très pénible, cela n est pas non plus habituel à cette époque. Par contre il ne pleut pas et même si nous serions bien ennuyés pour l’école on a quand même bien besoin de pluie.

Il y a quelques petits bonheurs dont je voudrais vous parler, c`est Alson, le grand frère de Manoucheka qui n avait jamais été à l’école et qui est venu de lui-même s’inscrire chez nous. Il a 11 ans et son père    l’avait inscrit pour la première fois à l’école cette année le 11 janvier, malheureusement le 12 janvier le tremblement de terre a tout chamboulé et le père avait pratiquement même oublié qu’il avait inscrit Alson dans une école…du coup il s est mis à accompagner ses sœurs à l’école et il restait là derrière le manguier, et un jour il a demandé à Lucienne si il pouvait rester… Comment lui dire non ? On a donc dit oui, mais au bout d un moment on a commencé à se poser des questions… Comment faire, dans quelle classe le mettre ? Déjà 11 ans… Il devrait être en 5ème et pourtant il ne sait rien de rien…Il est quand même venu en 5ème où il prenait ce qu il pouvait, puis petit à petit il s’est mis à faire du tricot, puis des calculs et  maintenant il lit…Il apprend avec une telle rapidité,  il en est déjà aux soustractions posées et il suffit de lui expliquer les choses une seule fois…pareil pour la lecture, le mardi matin et le jeudi Ti Poulim passe un temps uniquement avec lui et ensuite on essaye entre Ti Poulim et moi de lui donner quelques petits trucs à faire mais on lui a montré seulement quelques lettres et aujourd`hui alors que     j’expliquais les calculs de fractions aux autres de la classe et qu il avait fini de faire les soustractions que je lui avais données  je l’ai entendu lire…Je n’en croyais pas mes yeux, mais il lisait presque en entier le livre de lecture que je lui avais donné. Quand je lui ai demandé qui lui avait  montré il m a dit : « toi et Ti Poulim » et je sais très bien qu’on ne lui a pas montré grand-chose car il y a juste deux semaines qu’on a commencé ce travail avec lui….

Pour la flûte c’est pareil, et c’est vraiment émouvant à voir….je pense qu il passe son temps à la maison à refaire ce qu’on a fait a l’école et plus.

Ses petites sœurs vont mieux, nous avons commencé le programme de nutrition en vue de l opération des dents pour Manoucheka et aussi pour les retaper. Pour cela nous leur faisons un solide déjeuner chaque matin : œufs, jus de légumes, thon, jus de fruits , fromage, lait, etc…(pas tout à la fois quand même, ne vous inquiétez pas)… Elles mangent le matin en arrivant et puis reboivent encore un jus à la récré et ensuite mangent le repas de midi….cela fait à peine deux semaines que cela dure et elle sont complètement transformées, plus de peaux plissées, plus d’yeux cernés, les cheveux reprennent de la couleurs et brillent plus et elles ne passent plus la moitié de la journée couchées en ayant mal au ventre.

Elle ne mangent plus autant non plus et maintenant pour la première fois elles jouent…dès le matin elles rient et courrent  avec les autres, chose qu on n’avait jamais vu !

C est un vrai bonheur, mais c’est qu elles manquaient vraiment de nourriture !

Maintenant on a aussi intégré  dans notre programme de nutrition leur petit frère qui est au jardin         d’enfants et qui s est mis à enfler d’un coup la semaine passée, c’est Evenie qui s`en est rendu compte en le déshabillant pour lui laver ses habits car il étaient tellement sales….sa peau est toute terne, et il     n’est qu `un ventre….on lui voit toutes les côtes et même son petit cœur qui bat, sa figure et ses pieds commençaient à enfler, ce qui est signe de beri-beri…J’espère qu il récupèrera comme ses sœurs ! Toutefois on leur a bien recommandé de ne pas dire chez eux qu on leur donnait tout cela à manger car sinon ils seraient bien capables de ne plus jamais les nourrir, et ils tiennent le secret !

Encore un autre petit bonheur, c’est Adoune qui d’un coup acquiert une si belle assurance et confiance en elle… Nous étions jusqu’à aujourd’hui en période de calcul et l’autre jour je leur demande pour la première fois,  après leur avoir fait faire plein de manipulations et couper  je ne sais combien de gâteaux dans je ne sais combien de morceaux : 6/8 est égal à combien de quart ?  Et presque aussitôt Adoune me répond : ¾. J’étais tellement surprise que je lui dis : quoi ?    Et elle me répond : ¾. Du coup je lui dis : mais comment tu le sais ? Tu en es sûre ? Et là encore elle me répond sans se démonter : oui !                   J’étais tellement surprise, Adoune qui pourtant est si impressionnable et à qui il faut toujours poser les questions avec une grande stratégie,  sans quoi elle s`effraye et perd tous ses moyens, m’a tenu tête et m’a même expliqué comment elle avait fait ! Non seulement elle a trouvé seule  la façon de convertir les fractions mais en plus elle était sûre d’elle et confiante….quel bonheur !

Et le même jour, je vais voir Lucienne à la récréation et elle me dit que sa période de calcul est finie…et sans le vouloir je constate tout haut d’un air un peu surpris :  «  ah bon c’est déjà fini et tes élèves ont seulement appris la table de deux »

J ai tout de suite regretté de lui avoir dit cela mais aussitôt à ma grande surprise elle m’a répondu :    « oui, mais ce n est pas grave car il sont tellement à l’aise avec la table de deux que les autres ça ira tout seul, et je me rappelle bien qu ils ont mis bien du temps à apprendre l`addition mais qu’ensuite ils ont  tellement vite compris la soustraction…. »

Là encore je suis vraiment heureuse de voir à quel point Lucienne commence à être à l aise et à sentir vraiment où en sont ses élèves et quels sont leurs besoins, et aussi à quel point elle ne s’est pas laissé démonter par ma réflexion stupide.

Elle n’applique pas des théories mais  elle vit ses expériences et elle en tire ses propres conclusions et sa confiance en elle et en ses élèves…Elle est vraiment là pour eux et elle les entoure d’un amour et d’une attention exemplaire, c’est un plaisir a voir !

Voila quelques nouvelles, et vais vous quitter là, pour aller me coucher….

Je vous embrasse bien fort !

Myriam

PS : une dernière info….aucun des candidats n’a réussi l’examen, dommage ! On verra au prochain….mais saviez-vous que Moscou se trouve à Paris ? Je parie que non, en tous cas, moi je ne le savais pas !

09.05.2010

des news de notre opération

 

Montant récolté à ce jour sur le compte ouvert pour la famille de Yay
et l'école du village 3760,91€

A cela s'ajoute les dons effectués directement sur le compte de la
Fondation pour les Enfants d'Haïti (FEH).

L'école de la Cîme à Genval a organisé une marche parrainée qui a
déjà rapporté 1200€, elle dédie cette somme à la FEH.

4 enfants ont trouvé des parrains.

Compte tenu de la gravité de la situation il est maintenant possible à la FEH, 
de parrainer des familles pour une durée limitée dans le temps (2 à 3
ans).
Cette aide s'adresse aux familles qui ont tout perdu, y compris leur
gagne-pain. ...
L'objectif est de leur fournir une tente, un kit de survie et un
accompagnement pour leur permettre de redémarrer une activité.
Adresse du site pour effectuer un don ou devenir parrain d'un enfant
ou d'une famille.

http://rencontreadoption.e-monsite.com/
 

02.05.2010

fin avril à la petite école du village

Chers amis,                                                                                                                                                     30 avril 2010

Nous voici de nouveau en pleine chaleur, et il ne pleut pas… c’est vrai qu’il ne faudrait mieux pas qu’il pleuve d’un côté mais d’un autre ce serait bien pour la terre et pour rafraichir un peu.

Enfin nous ne sommes pas encore au mois de mai…et de gros nuages s’amoncellent quand même.

Il parait que a port au prince cela va très mal aussi car apparemment Preval aurait demandé une prolongation de mandat de 18 mois….bien sur il ne fait rien pour le pays ou si peu mais en même temps est ce bien de circonstance de se lancer dans des élections maintenant….

Rien n’est fait, si ce n’est un peu de nourriture distribuée à la population, mais sinon port au prince est toujours un amas de décombres et sur cet amas de décombres les gens reconstruisent petit a petit….eh oui….ils retournent à port au prince car ils en ont marre d’être  à la charge de leur famille paysanne et en même temps ils en ont marre de vivre sous des bâches et des draps, ils se remettent donc à construire….

Que faire ???

Et pourtant il y en a de l’argent qui a été donné pour cette fameuse reconstruction d’Haïti !

Où est-il ?

C’est sans doute aussi pour cette raison que le peuple se révolte pour cette prolongation au pouvoir de Préval.

A l’école nous continuons notre petit bonhomme de chemin, malgré cette chaleur étouffante qui fatigue tout  le monde….et l’angoisse de voir la pluie tomber….

Ca ne fait rien, les enfants sont toujours aussi heureux d’être là et ne veulent pas rentrer chez eux à midi…

Lucienne est comme une vraie maman avec ceux de sa classe, elle les entoure et les protège vraiment et elle se met vraiment à leur disposition, c’est très beau  à voir.

Je pense que dans le fond c’est vraiment sa vocation même si elle a toujours ses carences en français.

Elle est aussi complètement dévouée à l’école et prête à rendre tous les services possible….Christella s’investit de plus en plus, mais très discrètement, il faut dire que elle n’a pas encore sa classe à elle où  s’en donner à cœur joie, elle partage celle de Kerry mais celui-ci ne la laisse pas marcher de trop sur ses plate bandes, il aime trop faire cours….et lui dit qu’elle n a qu’à regarder et que quand elle aura sa classe elle pourra faire cours chaque jour.

Je trouve que c’est un très bon signe, même si ce n’est pas évident pour Christella qui aimerait s’investir plus.

Mais elle vient un après- midi par semaine pour me poser des questions qu’elle note au cours de la semaine.

Je retrouve Marie-Claude comme autrefois, disponible soucieuse enthousiaste et dynamique, comme ça fait du bien…. Comme quoi il fallait mettre les choses au point et que le comite c’est vraiment un point positif.

Deneige et Evenie étaient toutes les deux malades cette semaine, elles ont tout de même essayé d’être là, mais elles sont vraiment très fatiguées et Deneige qui a été à l’hôpital cette semaine aurait un dérèglement hormonal grave qui lui provoque de très fortes et très fréquentes hémorragies….j’espère qu’elle ira mieux toutefois car sinon il semble qu’elle devrait être opérée d’un ovaire….

Pour l`instant je suis en train de surveiller l’examen d’admission en stage  pour un futur professeur…. C’est toujours un peu le suspens…que vont-ils me dire ? Que Nelson Mandela est un chanteur français ? ou bien que Moscou est une ville du nord d’Haïti ? ou de la planète mars ? ou alors qu’une ellipse solaire c’est un diable qui étend son linge au soleil ?

Nous verrons….

Mais on risque de rire comme d’habitude.

En tous cas cette fois-ci il y a deux hommes  qui sont candidats et une fille… il y avait un troisième homme qui n’est pas venu une autre dame qui a retrouvé du travail.

En tous cas j’ose espérer que ce sera un homme pour cette fois car ça ferait du bien dans ce poulailler. Jusqu’a présent il n’y a que Kerry et Ti Poulim (Jones) certains jours.

Hier je suis retournée avec Manouchka chez un autre dentiste qui est une personnalité aux cayes, le docteur Nettus. T’en souviens-tu Bougrin…. ? il avait réparé ta dent.

Malheureusement ce monsieur est absent, et est remplacé par sa sœur qui est dentiste aussi mais qui n’est là apparemment que pour les petites choses.

Toutefois elle m’a dit que sans doute il ne fallait pas arracher les 18 dents de Manouchka, qu’il fallait en retirer peut-être 6 ou 7 en urgence, et ensuite faire des radios de temps en temps pour voir comment évolué la suite….

Elle me disait de revenir le 18 mai quand Nettus serait de retour mais en attendant  elle m’a conseillé certaines vitamines et certains aliments à lui donner  afin de la requinquer…

C’est ce que nous allons donc faire et depuis hier Lucienne est allée au marché et a acheté des œufs, des betteraves rouges….nous avons des carottes au jardin et des papayes et du lait de Caritas, des véritables au jardin aussi et nous allons chaque matin à la récréation lui faire des jus de légumes, du lait des œufs etc…. sa grande sœur en profitera elle aussi…car elle est aussi dans un très mauvaise état, elle manque comme ses autres frères et sœurs de nourriture. Elle a passe pas mal de temps cette semaine couchée avec un mal de ventre, elle qui avait tant d’appétit a à peine mangé cette semaine, elle a beaucoup maigri et a les yeux tout cernés.

Le problème c’est que leurs parents sont très pauvres mais aussi très négligents….ainsi nous avons réussi à comprendre à peu près ce qui se passe chez eux.

Déjà il y a dix enfants….la maman et toujours malade, et elle est en guerre avec ses deux grandes filles qui pour cela refusent de prendre soin des plus petits. Ces enfants marchent environs 6 km pour venir a l’école  et la même chose pour rentrer chez eux.

Le matin personne ne fait à manger, ils partent donc le ventre vide, et l’après- midi lorsqu’ ils rentrent chez eux bien souvent le repas a été déjà cuit et mangé et on leur répond : vous avez mangé à l’école donc il n ont pas droit au repas familial.

En même temps le plus grand des garçons nous a dit que sa maman disait qu’elle n avait jamais été à l’école et qu’elle avait fait l’effort de mettre ses plus grands à l’école mais que un jour une de ses grandes filles l’a insultée en lui disant : « tu n’es rien, tu n’as même pas été à l’école »

De ce jour la maman en a déduit que c’était à cause de l’école qu`elle avait des conflits avec ses enfants et que donc si il s’agissait d’elle aucun n’irait plus à l’école….donc elle ne se soucie pas de ses enfants qui vont à l’école.

Un peu incroyable n’est ce pas ?

Mais véridique car je me souviens du papa qui était venu me demander de parler à sa femme pour qu’elle soit plus soucieuse de l’école de ses enfants et il m’avait raconté cette anecdote.

Voila je dois m’arrêter là pour aujourd’hui car la batterie est presque à plat.

Bises à tous

Myriam

des nouvelles de Myriam

Très chers tous,                                                                                                                                            24 avril 2010

Vite, très vite fait, quelques nouvelles de cette semaine,  nous avons passé une bien drôle de semaine en commençant par de la pluie lundi et mardi, nous avons renvoyé les enfants chez eux vu l’état de la cour et ensuite nous en avons profité pour faire tricoter les profs et jardinières avec Michèle…. C’était bien et je crois qu ils étaient tous contents, ils ont déjà commencé à tricoter des cotes, et emporté les tricots chez eux pour faire des km d’écharpes.

Le mercredi nous avons recommencé et là c était la fête de la boue, mais heureusement la pluie c’était arrêtée.. Michèle a décidé à ma grande joie de consacrer plus de temps au jardin d enfants et je pense que c’est vraiment bien…elle s adapte bien, ne parle pas encore créole et ne connaît pas encore tous les visages mais a déjà apporté pas mal d idées au jardin d enfants.

Elle m aide aussi bien au sens où pendant qu elle travaillait avec les profs j ai pu emmener Manoucheka chez le dentiste….j ai repris auparavant contact avec AVSI, qui l avait oubliée, mais qui apparemment serait prêt à la prendre en charge.

Mais la pauvre on doit lui arracher 18 dents, en gros toutes ses dents de lait car elles ne sont pas tombées et cela lui fait trois rangées de dents dans la bouche. Le dentiste m a en fait expliqué que les dents de lait ont des racines qui sont détruites au fur et à mesure que les dents définitives poussent …or là ce processus n a pas eu lieu sans doute à cause  d une carence intra-utérine ou  pour une raison héréditaire.

Malheureusement, vous imaginez le traumatisme pour cette enfant ?  Et en plus, le dentiste parle de les arracher  à raison d’une tous les deux jours… je pense que c’est de la folie, en plus cela est terriblement cher, je vais donc essayer d’aller voir un autre médecin.

Par contre il m’a été très difficile de vous écrire cette semaine car nous n’avons pratiquement pas eu d`électricité et je ne pouvais donc pas charger l ordi… apparemment maintenant ca va mieux, c était parait- il à cause d un grève au Venezuela.

Je dois maintenant vous quitter, je vous embrasse bien tous.

Myriam

18.04.2010

des nouvelles de Myriam

Très chers tous,                                                                                                                                            14 avril 2010

 Il me semble que cela fait bien longtemps depuis que j’ai passé un bon moment avec vous à vous raconter un peu ce que nous vivons ici!

Eh bien nous venons de passer dix jours bien remplis et bien enrichissants  avec Madeleine. Cela n’a sans doute pas été facile pour elle de vivre ce moment car les conditions sont quand même très difficiles et tout le monde est fatigué. Certaines des jardinières vivent des situations  très difficiles et compliquées dans leur foyer et elles n’avaient donc pas la grande forme, et le séisme n’ayant rien arrangé….étant dehors avec les enfants, elles avaient perdu leurs repères et  perdaient aussi leur motivation.

Cela n a pas été très facile à gérer et finalement nous avons formé un comité (une association haïtienne) qui rassemble quelques personnes qui ne sont ni parents ni professeurs, et qui en fait prennent la direction de l’école.  Les contrats seront resignés avec le comité et non plus avec moi, ce qui me permettra à moi aussi d’avoir un contrat de travail, et un règlement nouveau et plus strict a été établi.

Cela a été un peu mal pris au début, mais les petits arrangements à l’amiables ne suffisaient plus  pour cette école qui grandit.

Petit à petit les jardinières (car c’était elles qui se rebellaient le plus) comprennent et maintenant je sens un nouvel élan….elles ont envie de reprendre les choses en main et de montrer ce dont  elles sont capables. C est une très bonne chose mais qui n a pas été facile et Madeleine  s`est trouvée là à ce moment-là. Elle a d’ailleurs été bien malade, à deux doigts de la pneumonie m’écrivait-elle…. J’espère que cela va aller mieux et que ça ne la découragera pas de revenir encore car cela fait tellement du bien à tous. En un clin d œil elle voit les besoins et elle a une telle expérience qu’elle donne des tas de conseils dans tous les cas…par exemple elle a aidé Deneige,  Evenie et Sargine à restructurer les après midi et je dois dire que cela fait vraiment du bien.

C’est très bien aussi de recevoir ainsi la visite d’un œil extérieur qui en même temps connait déjà l’école et connait le domaine, il y a des choses lorsqu’on est le nez dedans  c’est vraiment difficile de les comprendre.

Ce soir René  s’est mis en route pour aller chercher Michèle, une dame de 56 ans qui va venir passer 1 mois ½ avec nous et qui pourra sans doute aider  au niveau des bricolages et des travaux manuels…j’aimerai vraiment qu’elle puisse non seulement travailler avec les enfants mais aussi les professeurs et jardinières qui seront enchantés  d’apprendre tout cela et pour qui ce sera bien utile….

En effet je suis vraiment débordée toute seule avec ces 20 enfants à faire travailler en même temps plus ces trois profs qui n’y connaissent rien….en plus ils ont quand même tous des problèmes et cela demande une présence incroyable….et quand on s’occupe d’un les autres se laissent distraire….en gros rien n’avance !

Je serai donc bien contente si durant ce mois et demi Michèle arrivait à mettre un peu des choses en place à ce niveau…mais quelle histoire pour qu’elle arrive jusqu’ici…. En effet elle arrive déjà demain soir à 17h 15, ce qui veut dire que le temps de sortir de l’aéroport il sera au moins 18h00 et qu’il fera donc presque nuit. Ce qui n’est pas génial ! On ne se promène pas a Port au Prince à cette heure- là avec une blanche et des valises, et à cette heure là il n y a plus non plus de bus pour les Cayes…..

Où dormir ? Là où nous dormions les maisons sont effondrées !

Nous avions donc résolu  d’aller la chercher a port au prince avec une voiture privée  mais pour cela il fallait avoir une assurance nationale car habituellement nous roulons avec une assurance départementale….il fallait aussi trouver un chauffeur qui ait  un permis de conduire national, ce qu’a René mais qui connaisse aussi bien la route …ce que n’a pas René…et puis faire une petite révision de la voiture, la vidange etc.…. tout été fait et il ne restait plus qu’à  faire le plein….mais voila , au dernier moment, depuis hier, il y a pénurie d’essence, et aujourd’hui  le gallon (3,750 l) qui coutait normalement  250 gourdes coute d un seul coup 500 gourdes (±10€).  Si, si, et il pourrait tres bien couter 750 gourdes voir 1000 gourdes demain…..

Du coup nous sommes obligés d’abandonner cette idée et de revoir tous nos plans pour aller chercher Michèle. René prend donc un bus cette nuit, il a appelé un ami de l’ile a vache qui est a port au prince et celui-ci même si sa maison est effondrée lui a promis qu’il lui trouverait un endroit pour dormir…

Quelle aventure, heureusement qu’elle n’en sait rien….ils prendront un bus vendredi matin et arriveront en début d’après-midi si tout va bien !

Sinon la pluie commence à tomber sérieusement, presque chaque soir, mais pas encore la journée….nous arrivons à travailler pour l’instant, nous avons juste perdu un jour la semaine dernière, mais la cour est quand même assez boueuse.

Espérons que ça ira, en même temps cette pluie est vraiment bénéfique pour les jardins. D’ailleurs cette semaine nous allons commencer a manger dans les carottes du jardin de René, ça changera un peu des pois et des féculents à la cantine….toutefois je suis vraiment très surprise de constater que les enfants les plus difficiles et qui ne veulent pas manger des légumes  ce sont la famille de Manouchka…nous sommes obligés de les forcer….et ils sont pourtant déjà tout anémiés.

Voila quelques nouvelles pour cette semaine, je vais maintenant aller me coucher, je vous embrasse bien tous,

Myriam

23.03.2010

Lettre de l'association Ti Gren Lavi

TI GREN LAVI . HAITI

SAINT RASSAND  

F 03210 AGONGES Fin février 2010 

04 70 43 94 15

« Haïti, petit pays que j’aime tant, qui est le mien sans que je sache pourquoi et petit paradis mutilé dans toute sa splendeur et sa force de vie magnifique.

Face à ce cauchemar que nous vivons, je sens mes forces se décupler et j’ai de plus en plus la certitude que ma place est ici pour aider ce peuple avec qui je partage mon quotidien, que j’honore et respecte. L’aider non pas à se reconstruire, (mot trop utilisé par les politiciens), mais à se relever après cette chute et à reprendre avec espoir et confiance ainsi qu’avec toute la dignité qu’ils ont conservée malgré tout, la Vie. »

A Torbeck où ils habitent, (situé à 7 km de la ville des Cayes, troisième ville du pays) les secousses ont été bien ressenties, engendrant beaucoup de panique et de peine par la perte de parents proches à Port au Prince.

Les habitants doivent maintenant accueillir les nombreux réfugiés qui rejoignent les différentes provinces, les mains vides et traumatisés. La vie est donc de plus en plus difficile pour beaucoup de gens qui déjà n’étaient qu’en survie…Il y a plus de bouches à nourrir pour beaucoup de familles et le coût des denrées alimentaires a doublé.

« S’ils vivaient à 3 dans leur toute petite maison, nous dit Lucienne, enseignante, maintenant ils sont 10 sous le même toit. »

‘L’Ecole du Village’ a rapidement repris le collier avec toute l’équipe Haïtienne qui travaille autour de Myriam pour redonner un sens aux enfants qui étaient très perturbés par ce qu’ils entendaient autour d’eux et par ce qui se vivait.

Malgré l’interdiction du gouvernement Haïtien qui avait décrété une fermeture générale des écoles pendant un mois, les enfants ont été accueillis à l’extérieur pour diverses activités…recevant ainsi le repas de midi qui est pour nombreux d’entr’eux l’unique repas de la journée !

Myriam raconte dans le courriel du 20 février :

« Il y a des enfants qui sont maintenant dans un tel état de malnutrition que chaque matin, nous sommes obligés de leur donner un petit déjeuner à leur arrivée pour qu’ils puissent participer car ils sont très faibles réellement et viennent à pied de loin.

Au quotidien maintenant Myriam doit venir en aide aux familles de son école en grande difficulté. Si, nombreux étaient pauvres, maintenant ils sont dans la misère et les enfants ont faim.

Elle a rencontré aux Cayes le papa de deux élèves du Jardin d’Enfants, «

un homme très droit, toujours prêt à rendre service et qui ne se permet jamais d’avoir une dette pour la cantine, malgré sa grande pauvreté (on demande aux familles la faible participation de 2 euros par mois pour les responsabiliser)

Il dit savoir à quel point l’école lui rend service. Il doit maintenant s’occuper de deux de ses proches hospitalisés suite au séisme à Port au Prince, avec fracture du bassin et amputation. Alors qu’il a sa famille à Torbeck, le voilà contraint d’habiter aux Cayes à l’hôpital afin de donner à ses deux malades tous les soins, car si les infirmières paradent tout de blanc vêtues, c’est à peine si elles donnent les médicaments. En ce qui concerne la toilette, les repas, les frais d’hospitalisation, ‘tout’ est à la charge de la famille.

Pour lui éviter un trajet sur son petit vélo, j’ai emporté le peu de riz destiné à sa femme. A mon retour à Torbeck, j’ai trouvé celle-ci agenouillée sur le sol, dans sa toute petite maison entourée de tous ses garçons qui

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regardaient quelques racines de manioc immangeables car trop amères et donc toxiques. Elles ne peuvent servir qu’à faire de la farine qui doit sécher au moins 24 heures avant d’en faire de la cassave (galette).

Je lui ai donné ce que son mari lui envoyait et lui ai confié 200 $ haïtiens. Elle s’est alors mise à pleurer et j’ai dû me retenir pour ne pas en faire autant lorsqu’elle m’a dit que ses enfants n’avaient pas mangé depuis la veille au soir et qu’elle n’avait rien d’autre que ce manioc amer.

Je lui ai alors proposé de prendre ses 7 garçons à l’école le lendemain et je peux vous dire qu’elle n’a pas hésité une seconde avant de répondre oui ! Et toute cette équipe de garçons est très heureuse à l’école. »

La vie continue donc à l’école du village avec 53 enfants qui s’y épanouissent et prennent confiance en eux-mêmes : 34 pour le jardin d’enfants et 17 pour les trois classes primaires.

Cette école représente une belle « graine de vie » et d’espoir pour les changements dont le pays a besoin car elle s’adresse non seulement aux enfants mais aussi aux enseignants qui, tout en oeuvrant directement, suivent les journées de formation organisées par Myriam durant les vacances, en plus des réunions pédagogiques le jeudi soir.

Elle s’adresse aussi aux parents qui sont régulièrement invités à participer aux réunions d’information sur la pédagogie et le fonctionnement règlementaire de l’école …ainsi qu’aux fêtes de trimestre et autres. Lors de ces rencontres, ces derniers ne manquent pas d’exprimer leur reconnaissance et le bonheur quotidien de leurs enfants venant dans cette école.

Myriam nous dit à ce propos :

« L’avenir du pays est dans les mains des enfants et celui des enfants sous notre responsabilité. Je pense plus que jamais que c’est par les enfants que les choses peuvent changer…D’où l’importance de cette école dont la pédagogie est différente.

Il est réconfortant d’écouter ce que dit ce grand garçon qui a pu profiter de cette école pour quelques jours, tandis que la sienne n’avait pas encore réouvert après le séisme :

« Si on ne vient pas dans cette école pendant 1 jour, on perd plus qu’un repas. On perd la connaissance ! Même si je suis dans une classe plus haute dans mon école, j’apprends plus ici. »

Il répondait en fait à quelques élèves qui discutaient entr’eux calculant le nombre de repas perdus suite aux jours d’absence à l’école après le séisme.

« Je peux vous dire à quel point cette école est importante pour moi. Elle est une raison de vivre ! Elle me permet de faire quelque chose pour le pays et demain. Elle nourrit mon esprit, elle a changé ma vie ! Elle est aussi importante pour les enfants d’Haïti qui seront responsables de la vie de demain. Merci beaucoup et que Dieu vous garde. J’espère que nous continuerons ensemble longtemps même sans se rencontrer. »

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Si l’ école poursuit son chemin avec beaucoup d’enthousiasme de toutes parts, elle est néanmoins maintenant confrontée à une situation difficile. Suite aux secousses sismiques, la grande maison qui abritait les classes depuis septembre 2009, est devenue dangereuse et risque de s’écrouler. Les diverses activités d’enseignement et la cantine ne peuvent plus avoir lieu qu’en plein air et sous le soleil très chaud. En cas de pluie, impossible de recevoir les enfants.

Pour que l’école puisse continuer dans des conditions acceptables, nous devons prévoir la construction d’un entrepôt bien solide qui pourra recevoir tout le matériel scolaire et le mobilier ainsi que la nourriture pour la cantine afin que tout soit en sécurité et à l’abri du vol.

Ti Grèn Lavi. Haïti’ peut disposer pour cela du terrain qui a été acheté en mai 2009 par l’association « Aide Aux Enfants d’Haïti » pour l’Ecole du Village.

Pour les classes, Myriam qui fait des démarches en tous sens espère trouver des tentes. Sinon nous prévoyons la construction de quelques « maisons- pays » (type traditionnel avec ossature en bois et couverture de tôles, murs légers) qui peuvent être vite montées et pour un moindre coût.

A l’Ile à Vache, beaucoup de réfugiés sont également arrivés rejoignant un parent ou une connaissance. La misère s’y accroît également et Soeur Flora est bien sollicitée pour soigner de nombreuses personnes malades ou traumatisées, ainsi que pour leur venir en aide avec de la nourriture.

Nous savons qu’elle ne ferme jamais son coeur et ses bras pour répondre aux besoins qui arrivent à elle. Plusieurs enfants devenus orphelins sont venus agrandir la famille très nombreuse.

Nous continuons à soutenir son action généreuse par une aide mensuelle pour le salaire de ses employés qui sont à l’oeuvre chaque jour pour s’occuper des enfants et de la lessive, de la cuisine, du ménage, etc …

Durant l’année dernière, « Ti Grèn Lavi » a pu entreprendre la réfection complète de la toiture qui couvre la cour intérieure dans laquelle dort Soeur Flora pour avoir les oreilles ouvertes sur tout ce qu’il se passe dans les dortoirs l’entourant. Les enfants handicapés y passent la plupart de leur temps en dehors des sorties ‘Bains dans la mer’. Les jeunes enfants y jouent et elle sert de réfectoire.

« Ti Grèn lavi » a de plus pris en charge la réparation de la citerne qui alimente en eau l’orphelinat. Celle- ci était fissurée et nécessitait des travaux importants et urgents.

Découvrons ce qui a le plus marqué Claire, jeune volontaire à l’orphelinat durant l’été 2009 :

« C’est bien sûr le dévouement sans limites de Soeur Flora et l’entraide qui existe entre les enfants. Je me souviendrai toujours de Davidson qui tenait dans ses bras un enfant d’une tête de moins que lui pour le bercer car il pleurait, de Johanne (jeune handicapée) qui me prenait par la main pour me montrer où je pouvais changer la couche d’un petit, de Johanne qui emmène Antonine se laver car elle a plein de mango sur son t-shirt…Une belle leçon de vie ! »

Pour que les enfants d’Haïti qui bénéficient des projets sur place, puissent continuer à espérer dans l’avenir, nous vous remercions de rester avec nous et de leur donner les moyens et les forces de continuer.

La présidente la secrétaire trésorière

Si vous désirez soutenir les projets de l’association, envoyez chèque ou virement sur le compte de

‘TI GREN LAVI . HAITI’

CCP 3 461 84 U CLE

Pour la Belgique , virement bancaire à l’ordre de Pol WART (qui transmettra ensuite)

112, Navinne B 5020 MALONNE

CCP 000 3066684-29 

Pour des raisons de sécurité, veuillez endosser le chèque avec le n° de CCP de l’Association !

Tout les fonds récoltés sont versés intégralement en Haïti pour financer les projets !

Les seuls frais de fonctionnement concernent la correspondance et les frais bancaires.

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Marie- Claude, jardinière principale, est heureuse de nous dire :

Nous les voyons établir des liens de confiance profonde avec les adultes responsables d’eux, alors qu’en Haïti le rapport entre ces deux mondes n’est fait que d’autorité d’une part et de crainte d’autre part. A leur arrivée parmi nous, ils sont éteints et n’osent pas s’exprimer.

C’est lorsque l’on voit des sourires rayonnants sur leur petits visages et qu’on les entend chanter à plusieurs voix maintenant sans parler des merveilleux dessins par lesquels ils expriment Leur Vie, que nous sommes récompensés.

Les enseignants se réjouissent de voir les enfants éveiller un intérêt et une curiosité pour tout, autant pour la mythologie Egyptienne ou Maya, que pour la géographie ainsi que pour la poésie et la grammaire française, pour les couleurs et les nuances, les travaux manuels, ou encore les comptines anglaises et chansons espagnoles.

Ce sont des intérêts qui ne sont pas cultivés dans les écoles traditionnelles du pays où les enfants sont traités à la baguette selon le modèle coutumier. »

Manouchka qui est revenue très maigre et toute pâle à déclaré après un malaise : ‘Si avant maman faisait à manger le matin, maintenant elle ne le fait plus !’. »

Chers amis,

Six semaines se sont écoulées depuis le séisme qui a frappé tellement durement Haïti et tout le peuple Haïtien. Myriam qui est l’ambassadrice de « Ti Gren Lavi. Haïti » sur place nous a beaucoup touchés avec l’Hommage aux Haïtiens qu’elle a adressé par courriel le 24 janvier 2010.

En voici quelques extraits :

09.03.2010

Lettre de Myriam du 6 mars 2010

Très chers tous,                                                                                                                                            06 mars 2010

Encore une semaine de terminée, bien fatigante les deux pieds dans la boue et les profs et surtout les jardinières qui commencent un peu à se relâcher…. Je peux en même temps les comprendre, car en fait travailler dehors est très fatigant, tout se disperse et les enfants très peu concentrés demandent tellement plus d`attention. En plus de cela nous perdons notre rythme aussi qui est bien perturbé et nous perdons pas mal de temps à porter des tables et des chaises et des tableaux…. C’est fatigant en plus de tout le reste… et les tableaux sont vraiment très lourds, je m en suis pris un sur le pied la semaine dernière et je peux vous dire que je l`ai senti… j’ai bien cru que  j`allais être clouée au lit avec un pied trois fois plus gros que d’habitude, mais il n’y a pas eu le choix…il y a de l`arnica et de la pommade à l`arnica dans la pharmacie de l’école….

Les jardinières ont plus de quarante chaises à mettre dehors plus combien de tables…heureusement que les enfants s’en amusent aussi…. Elles ont aussi malheureusement chez elles des maris à problèmes, ce qui n’arrange rien : celui d’Evenie a disparu depuis plus d’un mois et personne ne sait où il est …elle croyait même qu’il était mort et pleurait comme une madeleine, la pauvre, il y a deux ou trois jours… c’est un mécanicien de moto et apparemment il prend les motos, les démonte et ne les rend jamais à leurs propriétaires… elle pense donc à un règlement de compte , mais il y a quelques jours finalement quelqu’un l`aurait aperçu…. Et elle reprend courage et repart comme en quarante. Je pense plutôt qu’il se cache pour ne pas devoir rendre compte des motos.

Quant à Deneige, c’est reparti pour un tour : son Lubin s’est de nouveau remis des emprunts sur le dos et la police débarque pour le chercher, croit que Deneige est complice, et puis des mecs armés viennent demander où il est et surveillent la maison le soir… La pauvre ne sait plus quoi faire,  elle a repris les enfants et les a emmenés  chez une tante le jour de l’inondation, car elle était sous eau…depuis elle ne les a pas repris car elle dit qu’elle arrive au bout de sa location et ne peut pas la renouveler et  que Lubin ne s’y met pas non plus, il ne fait que d’emprunter de l’argent et ne le rend pas ou alors il s’engage pour des travaux et prend de l’argent et ne fait rien….en tout cas la voilà de nouveau à la rue….

Tout ça n’est vraiment pas facile mais je ne peux quand même pas accepter qu’elles se laissent aller et arrivent toujours en retard, il faut qu’elles tiennent leur engagement et qu’on se mette tous ensemble pour que ça marche. Perdre cet emploi serait encore tellement pire pour elles…Ce matin j’ai donc mis mon uniforme de directrice d’école pour bien les engueuler, ce n’est pas mon rôle préféré franchement et je recule toujours ce moment, mais en même temps elles en ont besoin…. Zut alors, et finalement elles ont bien accepté. J’espère seulement qu’elles vont tenir et se reprendre…

Par contre Lucienne elle tient vraiment la route en ce moment, elle a une énergie débordante et une disponibilité à toute épreuve, je n en reviens pas… Fanette, tu ne la reconnaîtrais peut- être pas. Elle a maintenant, en 2ième classe, huit enfants, son effectif a donc doublé…et pas des plus faciles : quatre enfants qui viennent de Port-au-Prince. Youselin dont la maman est morte après une longue maladie juste avant le tremblement de terre, elle n’a pas de papa, et elle a ensuite vécu le séisme à Port-au-Prince : la maison où elle habitait s’est écroulée sous ses yeux. Elle a été recueillie par son seul oncle sans situation, elle n’a pas non plus ni grand-père ni grand-mère. Or son oncle étant l’ami de Christella la stagiaire, c’est elle qui l’a recueillie, et c’est ainsi qu’elle s’est retrouvée chez nous… il n’y a pas longtemps, une de ses tantes paternelles aurait voulu la reprendre et elle serait alors retournée aux Cayes mais elle n’a pas voulu. Elle n avait pratiquement jamais été à l’école à cause de la maladie de sa maman, mais en fonction de son âge nous avons décidé de la mettre en deuxième et cela va très bien…

Il y a ensuite Floranda, la grande sœur de Manoucheka qui était sûrement « restavek »(1) à Port-au-Prince chez une de ses tantes, et qui est dans un état de santé très triste…elle n’a jamais été à l`école et a 9 ans  pense-t-on, ses parents sont incapables de nous le dire et son acte de naissance est sous les décombres, mais elle est très sage et très studieuse et en fait apprend à une vitesse incroyable… au début elle n` osait pas parler, mais petit à petit elle s ouvre et nous dit surtout qu elle a faim…et elle mange, elle mange... et puis sourit. Elle est manifestement très heureuse, elle était arrivée avec un seul vêtement sur elle et ensuite venait à l’école avec les vêtements trop courts de ses petits frères et sœurs, et petit à petit je lui donne des vêtements que m’a envoyés Celline, elle est tellement fière  d’une belle petite robe  rose qui fait princesse  et elle la lave chaque soir. Je pense que cette famille a l’anémie falsiforme. J’en ai parlé au médecin qui était venu a l’école, il  m’a dit que,  en effet, ça pouvait être le cas, on va faire un test ; quelques jours après j ai appris que la maman avait effectivement cette maladie.

 (1) « restavek » Les restavecs (restavèk en créole haïtien, dérivé du français reste avec) sont des enfants d'Haïti vivant dans une famille différente de leur famille d'origine et souvent utilisés comme domestiques, voire traités comme des esclaves. Issus de familles pauvres des zones rurales, ils sont placés par leur famille dans des familles citadines. Leurs familles espèrent ainsi qu'ils échappperont à la misère et pourront fréquenter une école. Souvent la situation économique des familles d'accueil n'est pas bien différente de celles des familles biologiques de ces enfants. Mais elles habitent « la ville », seul espace d'accès à certains services de base.

Les conditions de vie de ces enfants sont très variables : faisant parfois partie intégrante de leur famille d'accueil au même titre que les autres enfants, ils sont toutefois très souvent utilisés comme domestiques pour les tâches ménagères, les provisions, la cuisine, etc. ; de plus, une proportion importante des restavecs sont maltraités et se trouvent dans une situation d'esclavage : ils doivent alors dormir à même le sol, ne vont pas à l'école ou alors dans des cours du soir qui leurs sont dédiés, accomplissent les tâches les moins gratifiantes ; on les nomme « restavec » car ils doivent rester à portée de voix de la personne à laquelle ils sont attachés. Ils subissent régulièrement des violences physiques et sexuelles : les jeunes filles enceintes sont jetées à la rue. Environ 70 % des restavecs sont des filles. On estime qu’il y en a 300.000 à  Port-au-Prince.

Il y a aussi Monerson, lui aussi il vient de Port-au-Prince et est le neveu de Julio ou Willio qui travaillait chez sœur Flora avec Lessene, tu te souviens sûrement Michel ? Il est arrivé là car en fait Julio était à Port-au-Prince et est revenu à Torbeck avec lui car son fils Chacou habite derrière l’école et est taximen.

Mais il semblerait que Monerson était aussi « restavek »chez sa tante à Port-au-Prince, il est tellement maigre, et  mange à peine, mais j’ai l impression qu il n ose pas vraiment, il semble toujours avoir peur et ressemble à un petit faon tout effrayé et tout fragile sur ses pattes… Lui c’est pareil, on n arrive pas à savoir son âge réel mais il doit avoir aussi 9 ans. Il était en deuxième année de jardin d enfants paraît-il…. Nous l’avons mis en 2ème, il ne connaît pratiquement rien et ne sait pas se servir de ses doigts  mais il semblerait qu il n attendait que ça… il  ne joue pas mais essaye sans arrêt de jouer de la flûte, d’écrire, de dessiner,  etc… Je pense qu il est tellement content d’être à l’école  qu il s’en sortira bien. Mais seulement il faut qu il reprenne confiance car il me semble qu il était battu, il  perd tous ses moyens lorsque apparaissent des personnes de son voisinage rien ne dit  d’ailleurs que jusqu à présent il n est pas battu.

Et finalement il y a Milie, une vraie chipie apparemment, mais comme elle vient d’arriver, elle est très difficile à cerner. Elle a sa petite sœur au jardin d enfants et il semble bien que elle aussi était « placée »quelque part, elle est très très distraite, et même si elle était à l’école en deuxième classe, elle ne semble pas plus éveillée du tout que les autres.

Heureusement pour tous ces enfants qui sont arrivés dans la classe de Lucienne, celle-ci a l`air tres heureuse de les accueillir et met tout son amour et sa patience a leur disponibilité, c’est vraiment beau de voir cela et je pense encore une fois que Lucienne peut laisser tomber ses études d’agronomie, que c’est la pédagogie qui est sa vocation.

Mais quand je vous raconte les cas de tous ces enfants,  je ne vous parle pas de la douzaine d’enfants rescapés qui est arrivée au jardin d enfants car je les connais moins mais je pense que ce que m’a envoyé Muriel serait vraiment trop bien venu…Marita et Florence, vous qui parlez allemand, avez-vous pris contact avec ces psycho-pédagogues anthroposophes pour nous en envoyer au moins un ?

Ce serai tellement bienvenu, pour ces enfants traumatisés suite au séisme mais aussi  pour tous les autres et leurs traumatismes qui étaient déjà là….

Ce qui est le plus drôle, c est que l’autre soir J‘ai vu une émission (pour une fois que je regardais la télé) où Le président Préval recevait d’abord la présidente du Chili, et ensuite où madame Préval recevait la femme du président de Saint-Domingue. Et justement ces deux dames parlaient des enfants et de leurs traumatisme et elles disaient qu`il y aurait quinze bus, transformés en salle de classe qui viendraient de Santo-Domingo et dans lesquels on y ferait non seulement la classe mais aussi un suivi psychologique par l`art, la sculpture, la peinture, le dessin,  etc…

Une toute dernière chose avant d’aller me coucher, je ne me suis quand même pas promenée pour rien car j’ai reçu de la Caritas hier : du riz, des biscuits, du lait, de la farine de maïs, du poisson en boîte, des petits pots de bébé, de la lessive, et  des conserves…Cela me permettra aussi d aider un peu des familles et nos pauvres jardinières seules avec leurs enfants ou Lucienne et toute sa maisonnée de rescapés.

Voilà, je m’arrête là pour ce soir.

Bises a tous

Myriam

Des nouvelles de l'Ecole du Village

Bien chers tous,                                                                                          27 février 2010

J’ai été perturbée dans mon programme à cause de la pluie. Hier la pluie s`est mise a tomber et à une vitesse terrible ; il y a eu des inondations pas possible, surtout aux Cayes où l`eau est entrée dans toutes les maisons de tous les quartiers... Aucun quartier n a été épargné.... la route entre les Cayes et Torbeck était coupée et René qui était déjà aux Cayes a mis plus de 4h pour faire ces 7 kms il a même eu de l`eau sous les pieds à l’intérieur de la voiture pendant qu’il conduisait ; la route a été endommagée pas mal... Ce matin elle est de nouveau praticable mais il semble qu il va se remettre à pleuvoir car il fait terriblement lourd et le ciel est gris... Après le tremblement de terre, les inondations… Heureusement il n a pas plu aussi fort à Port-au-Prince... Je vous laisse pour aujourd’hui, la cour de l`école était un lac et toutes les maisons avoisinantes étaient sous l eau...Je n y suis pas encore allée car il y avait chez moi une dame qui s’était  coupé une veine de la main (involontairement) et elle avait une telle hémorragie  que j ai eu du mal à arrêter ce sang et à faire un pansement compressif, d autant plus que c’était entre le pouce et l’index et que le sang sortait comme un jet d eau... Notez bien aussi que ce n est quand même pas ma spécialité et que il fallait en vouloir ... Mais heureusement j y suis arrivée car il n’y avait évidemment aucun hôpital d’ouvert et de toute façon des routes impraticables... Cette dame aurait pu mourir car elle s’était tout simplement enveloppé la main dans plusieurs serviettes et ça continuait de couler, elle ne savait que faire...

Donc tout ça pour vous dire que je ne pense pas que l’intérieur de l`école ait été inondé mais que j’irai voir en rentrant des Cayes car en même temps je voulais en profiter pour venir aux Cayes pendant cette accalmie...                                                                            Par chance le vent du Nord est là de nouveau et étant l ennemi de la pluie, celle-ci reste encore un peu suspendue aux nuages, menaçante toutefois pour nous mais tant attendue des paysans qui, à cause de cette sécheresse, ne peuvent se lancer dans les plantations qui seraient si bienvenues pour l’instant alors que la vie est si chère.

 La vie et les activités ont repris le dessus et les enfants qui sont là chaque jour…. Alors pas le temps de déprimer… on réfléchit quand on a le temps à la meilleure solution et on repart de plus belle.                                                                                                      L’école dehors toutefois ce n`est pas facile et quand on manque de sommeil (surtout) c’est très fatigant… Je m’en suis rendue compte l`autre jour en rentrant un peu à l`intérieur dans la salle la moins dangereuse, alors qu’un après-midi je n` avais que mes trois élèves de 5ème classe et qu’il pleuvait de temps en temps…Quel soulagement d’être d’un coup au calme et comme c`était agréable !

En effet, dehors en Haïti, il y a sans arrêt des gens qui passent, qui s`interpellent ou qui s’engueulent ou rient à gorge déployée, ils viennent courir après leur vache ou ce sont des enfants qui sont curieux de voir comment fonctionne cette école et qui s’approchent le plus possible de nous jusqu’à  se retrouver presque dans notre « classe »…                                 Et puis il y a le vent qui emporte les feuilles, et des lézards qui atterrissent sur nos cahiers ou des petits oiseaux qui laissent les enfants bouche bée d’admiration mais les emmènent bien loin du sujet du cours… Les enfants sont d` ailleurs surexcités…et les jardinières se plaignent beaucoup aussi de ne pas pouvoir raconter une histoire, sans être interrompue 40 fois…                                                                                                                                   Je commence à sentir le fruit de toutes mes « promenades » aux Cayes d`Ong en Ong…   En effet nous avons eu la visite cette semaine de l’organisation qui s`appelle AVSI (ne me demandez par contre pas ce que cela veut dire exactement) et qui travaille sur la nutrition. Ils sont venus avec un médecin pour consulter dans l`école  les cas les plus graves,       c’est-à-dire Manoucheka et ses trois frères et sœurs, Paul qui est souvent malade et vomissait, Watson de retour de Port-au-Prince suite au séisme et qui est aussi très faible et vomit et Patricia cet enfant de première classe qui traine une conjonctivite chronique depuis l`age de deux ans….                                                                                                 C’était super en fait qu il soient venus car ces enfants ont reçu une consultation gratuite    d’un pédiatre alors que leurs parents n`auraient jamais pu les-y emmener… Pour les autres qui sont en état critique (en tout une quinzaine) nous les emmènerons mardi au centre de AVSI où ils seront aussi examiné. Normalement le médecin établit un diagnostic et prescrit examens et traitement et le bureau prend en charge, mais étant donné que ce bureau apparemment a très peu de moyens il se pourrait qu`ils ne prennent pas tout en charge…toutefois j` aimerais pouvoir prendre le reste en charge afin d aider ces enfants a  s`en sortir.

Les cas les plus graves sont Manouchka et ses frères et sœurs…ils sont tous en malnutrition sévère et en plus présentent différentes infections, mais le cas le plus grave est Manouchka qui, étant donné qu’elle n’a jamais perdu ses dents de lait, se retrouve avec trois rangées de dents…elle a même deux dents qui s`apprêtent à sortir en bas de la mâchoire inférieure et risqueraient alors de lui percer petit à petit la joue. C’est terrible, en fait il faut qu elle aille en urgence chez un dentiste pour lui arracher toutes ses dents de lait. Imaginez le traumatisme pour cette enfant ?   D’où cela peut il bien venir ???? Quand je serai en France j en poserai des questions…                                                         La situation de cette famille est dramatique, nous avons appris également que le papa aurait 20 fils et filles, avec plusieurs mamans  bien sûr, et qui maintenant désespère de la situation, pense aller à Port-au-Prince pour déblayer …mais c’est lui qui soutient tout et sa femme est très malade de l`anémie falsiforme, les enfants sans doute aussi, alors je pense que si il part ce sera encore pire.                                                                                      Pour Patricia, il nous a prescrit des antibiotiques, évidemment à mettre pendant très longtemps dans ses yeux, jusqu’au mois de juin… ces médicaments resteront obligatoirement à l’école car il semblerait que même si des antibiotiques lui ont été prescrits, très souvent sa maman est très négligente et ne suit pas régulièrement les traitements…Elle croit plutôt à une origine magique et mystique de cette maladie chez son enfant.                                                                                                                                      En tout cas c était déjà très bien de recevoir cette visite, et puis une autre bonne nouvelle c est que nous avons reçu de Toto et Céline quelques caisses de pâtes, du sucre, du riz, de l`huile et pas mal de beaux vêtements…qui tombent à  pic car nous avons maintenant 9 enfants en plus, rescapés de Port-au-Pprince et qui sont sans vêtements…Nous avons aussi reçu deux caisses de pâte d arachides mélangée à du lait et autres…et qui est un complément nutritif, juste ce dont nous avions besoin pour tous ces enfants qui arrivent le matin le ventre creux à l’école… Nous leur donnerons avec des biscuits ou du pain ou du miel et nous allons aussi acheter du lait en poudre. C est un peu vexant car ce lait en poudre, qui est en fait de l`aide alimentaire pour sinistrés, n’est trouvable qu’en vente sur le marché… c est pour tout comme ca. L `aide ne va jamais a ses destinataires.

Voila mais pour l’instant, je vais vous laisser pour aller dormir…je vous embrasse tous bien fort.

Myriam

 

02.03.2010

Encore des photos de la petite Ecole du Village

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Nourrir les enfants est le plus important en ce moment!

01.03.2010

Un SMS de Jones du 26-02-10

Jones m'a envoyé un message pour vous:

"Bonjour! Je suis Silien Jn Jones, le petit frère de Yay. Je vous écris ce petit mot pour vous remercier au nom de toute la famille et des bénéficiaires de nous avoir aidé. Vous avez fait un geste de coeur et un travail qui n'a pas de prix pour vous remercier. Que Dieu vous protège. Jones (Haïti)"

Ce à quoi, j'ai répondu:

"Cher Jones, ici nous sommes heureux de faire cela pour vous! Merci à toi aussi d'être un relais de confiance! Courage!"

lettre du 19-02-10 de Myriam Silien

                                                                                                                                  Vendredi 19 février 2010

Très chers tous,

Nous n`avons pas vu la semaine passer et nous voici déjà  vendredi soir…je m endors à moitié mais de toute façon il faut que je passe un petit moment avec vous ce soir avant d`aller sur internet demain…

Alors cette semaine nous avons perdu deux jours  d’école à cause de la pluie, puis le vent du Nord s’est levé et a chassé la pluie, heureusement, nous avons ainsi à peu près pu finir la semaine… Je dis «à peu près» car il est toujours très difficile lorsque les enfants perdent un jour, de les avoir pour le reste de la semaine…Hé oui,  il est sûr que si on ne travaille pas le mardi ou le  mercredi ce n`est plus la peine de venir pour la fin de la semaine…C’est pourquoi nous sommes obligés de réunir les parents lundi matin afin de les sensibiliser  et arriver ainsi à perdre le moins de jours possible.

J ai également un peu abandonné l`école cette semaine en demandant à Ti poulim mon beau-frère de venir faire un peu d’exercices de calcul avec la cinquième classe, afin de pouvoir essayer, en frappant à toutes les portes possibles, de trouver un peu de nourriture supplémentaire pour les enfants. En effet, il y a des enfants qui sont dans un tel état de malnutrition que le matin nous sommes obligés de leur donner un petit déjeuner à leur arrivée pour qu ils puissent participer car réellement ils sont très faibles et viennent de loin à pied…Manoucheka qui est en première a même passé la journée couchée,  je lui ai donné un biscuit à son arrivée car elle semblait vouloir tourner de l`œil et ensuite elle a demandé à se coucher et s`est endormie… Après, d’un seul coup elle s’est réveillée avec une terrible diarrhée, nous  avons dû la baigner et  Avenante lui a fait une tisane, puis elle s`est rendormie… elle s’est réveillée deux heures après et m’a dit avoir faim… Comme le repas était prêt je lui ai donné à manger et après avoir mangé deux bols de spaghettis, elle a demandé à faire de la peinture comme tous les autres et elle est repartie jouer ensuite et rire comme si de rien n était… C’était donc bien la faim.                                         En fait, en ce moment, ce qui est le plus important c`est de remplir les ventres en premier, car il n`y a malheureusement  pas que Manoucheka qui est dans cet état bien que, jusqu’à présent, ce soit elle la plus touchée.

Je suis donc allée partout  dans toutes les ONG qui se trouvent aux Cayes : CRS, Caritas, Croix-Rouge, Minustah(onu) , Rotary club, les différentes églises, enfin vraiment partout pour entendre toujours la même chose :  « je ne suis pas le seul responsable,  je vais en parler et vous rappeler…mais on n’a rien ou pas grand-chose… »  Et pourtant, je sais qu il y a de la nourriture et beaucoup de nourriture qui est arrivée dans deux bateaux, mais qui sera partagée entre les bons amis…et à l`Ile à Vache, car en fait, c`est le fils de Fernand (qui a un complexe touristique à l`Ile à Vache) et comme il y avait du désordre sur le port, le bateau est reparti à l`Ile à Vache…

Enfin aujourd’hui, j’ai entendu qu il y avait aux Cayes une mission de l’Unicef qui venait de Port-au Prince et qui repart demain… Je me suis dit qu il valait peut-être la peine d’y aller…je suis donc repartie pour le troisième jour et je pense que j` ai peut-être une chance car je suis  tombée sur une espagnole qui vit depuis 22 ans en Haïti , mariée à un haïtien, elle enseigne au lycée français de Port-au-Prince ; elle s’est mise dans l’Unicef suite au séisme et elle m`a très bien accueillie en me disant qu’elle allait faire son possible pour que nous ayons des tentes et de la nourriture,  etc… « car il y a de quoi » dit-elle. Toutefois Unicef détecte les besoins mais ensuite il semble que ce soit l’Onu ou Terre des Hommes qui fasse les dons. Enfin de toute façon, pour une fois, je ne suis pas rentrée chez moi avec la fatigue et le sentiment de m `être dépensée pour rien…  Elle m`a même ramenée à Torbeck dans leur superbe 4x4 climatisée. J’attends d `autres réponses, (mais sans trop d` espoir) et demain je repars a l`assaut pour qu`ils ne m’oublient pas.

Sinon concernant la construction, nous n` avons pas encore pu établir de devis pour des petites maisons pays, nous allons essayer de le faire cette semaine, mais ce n`est pas facile à chiffrer car en fait ce ne sont pas des intellos ni des maçons qui fabriquent ces maisons et ils ne sont donc pas habitués à  faire des devis.                                                                                                                                                                  Nous avons par contre recherché un container mais il n`est pas vraiment possible apparemment de trouver des containers isolés et  il y fera donc horriblement chaud  - chaleur mauvaise pour le matériel surtout les crayons cire et les peintures – d’autre part il sera très vite trop petit car en fait  c`est très étroit et donc pas pratique du tout pour les rangements… Il est également important, pensons-nous,     d’avoir un endroit différent pour ranger la nourriture et surtout un endroit qui ne soit pas accessible à tous les regards et convoitises… et également pour les matériaux de construction…                                               Nous pensons donc que le mieux, même si c`est plus cher au départ, serait de faire un dépôt avec d’un côté une espèce de salle des professeurs, stockage de matériel scolaire, bibliothèque  et dans un cagibi bien fermé la nourriture, et d’un autre côté une pièce dans laquelle on pourrait rentrer par exemple des planches à sécher (car c’est le seul moyen pour avoir de quoi fabriquer tables et bancs : mettre à sécher,car on ne trouve plus de bois sec) et d autres matériaux ou  outils. Celui-ci n’a pas besoin   d’être trop grand, seulement un peu long pour les planches.

Pour les jardins d` enfants on a pensé à une pièce pas trop grande dans laquelle on peut quand même mettre quelques jouets et petits livres et ensuite comme une grande terrasse entourée d’un mur à mi- hauteur et au-dessus  un tressage en roseaux comme pour les nasses.

Pour les classes, je pense par contre qu il faut un ou deux murs pleins où on peut accrocher des dessins, des cartes de géo et le tableau bien sûr… d autres murs peuvent être aussi a claire-voie afin d`avoir de la lumière et du vent car sous un toit de tôles la journée il fait étouffant si il n y a pas de courant d`air ; pour la lumière il y a aussi des tôles transparentes.

Qu en pensez vous ?

Tout cela peut être assez rapidement construit surtout que René se rendrait complètement disponible…

Nous allons toutefois essayer de voir à peu près combien cela peut coûter. mais il est vrai que cette semaine a été plus que bien remplie pour nous .

Je vais maintenant vous laisser, mais avant je vais vous annoncer des choses qui font plaisir :

Samuel et Sophie qui chantaient tellement faux l`année passée (Samuel ne chantait même pas, il marmonnait la fin des phrases) chantent maintenant, figurez vous, parfaitement juste  et  tellement bien… c`est incroyable ! J’ai enfin trouvé pour Adoune et Emmanuel des livres de lecture  très bien fait et c`est parti, d`un coup Adoune  a confiance et lit très bien et avec bonheur.                                                 Il y a Ti Raymond aussi qui est un enfant quand même assez profondément handicapé, il a passé trois ans dans un jardin d`enfants de Torbeck avant de venir nous rejoindre. A son arrivée, il était complètement à côté de la plaque, et ne savait pas du tout dessiner…et pourtant, si je pouvais vous envoyer le dessin qu’il a fait ce matin dans son cahier pour la lettre « o »…, c’est incroyable, il dessine quasi aussi bien que les autres. C`est le bonheur de voir ça et il faut aussi voir la joie de Kerry, qui  s`en occupe beaucoup puisqu‘il est en première classe, en voyant la preuve de l`efficacité de son travail et de cet enseignement. La famille de Raymond et les gens qui le connaissent n`en reviennent pas non plus …  « Il a passé trois ans dans une école et s’il n était pas venu a l`école du village il serait passé toute sa vie pour un crétin et un incapable alors qu il a des capacités » disent-ils.

La dernière bonne nouvelle, c’est aussi le bonheur de voir Christella et Sargine tellement attentives et curieuses, tellement motivées aussi et toujours à poser des questions. Kerry s investit totalement et prend vraiment sa classe en responsabilité et en affection, et Lucienne de même. Toutefois celle-ci a recommencé son université d`agronomie et j`espère que ça ne va pas trop lui faire perdre les pédales.

Cette fois je vous laisse pour aller dormir un peu, car il est déjà 23h30  et ça fait une semaine que je me couche ainsi alors le matin à 5h 30…que c’est dur !

Je vous embrasse tous bien.

Myriam

24.02.2010

notre opération Haïti

Appels à solidarité avec Haïti

Nous sommes tous sensibilisés au drame que vivent les Haïtiens. Nous sommes nombreux à faire des dons. Mais chacun aimerait être sûr que cela va réellement servir sur le terrain. Peut-être aurez-vous l'élan de vous joindre à notre action...

Dans notre petite école de Court Saint Etienne, nous avons décidé de lancer une opération de solidarité car, nous avons parmi les parents de l'école un Haïtien: Yay Silien, le papa de Simon et le mari de Carole Debatty, une enseignante de maternelle ainsi que Colette Mathy, une maman de l'école qui a adopté Kettya et Nathalie, d'origine haïtienne..

 

Nous avons pris la décision de soutenir la famille de Yay en lançant une opération de don pour  parer à l'urgence alimentaire. Nous vous proposons aussi des parrainages d'enfants d' un orphelinat de Port-au-Prince avec lequel Colette entretient des contacts et le soutien financier de la petite école que Myriam Silien a ouverte en Haïti, inspirée de la pédagogie Steiner.

 

1) Soutien à la famille de Yay

 " Maintenant, la priorité, c'est manger... nous disent Carole et Yay, les gens ont faim. Les denrées ont triplé de prix. La pauvreté était déjà importante avant le tremblement de terre, maintenant elle est devenue extrême. Des gens meurent de faim en ce moment..."

La grande famille de Yay vit principalement sur l'île à Vache et dans la ville de Les Cayes. C'est la province. L'aide humanitaire n'arrive pas jusque là... Or beaucoup d'habitants de Port-au-Prince quittent la ville où ils ont tout perdu pour rentrer en province. Ce sont de nouvelles bouches à nourrir...

Yay a un frère qui sait partager avec sagesse l'argent envoyé. Il s'appelle Jones et ce sera lui notre contact là-bas. Il connaît les besoins de sa grande famille mais aussi du voisinage. Là-bas, tout est partagé et doit aider un maximum de familles.

Alors, nous vous sollicitons pour un versement ponctuel ou régulier. Voici le n° de compte ouvert  à cet usage par Colette Mathy et Françoise Portugaels:

063- 4923460-66

IBAN: BE07 0634 9234 6066

BIC: GKCCBEBB

Afin de faire connaissance avec cette famille nous vous présentons deux frères de Yay: Gérald et Jones.

 

Gérald Silien

Pour commencer nous allons vous présenter le frère ainé de Yay. On l’appelle Gérald mais son vrai nom c’est Jean-François ! (je n’ai jamais entendu personne l’appeler ainsi)

Il doit avoir au moins 45 ans. Il a dix enfants dont une grande fille qui est mariée et qui a une petite fille. Tous les autres sont à sa charge. Il est pêcheur à l’Ile à Vache. Pour nourrir sa famille, il plonge chaque jour avec son fusil, il chasse au harpon. Quand la pêche est bonne, il vend des poissons à des marchandes. Mais les poissons se font rares, ils sont petits. Il cultive la terre aussi et garde quelques vaches.  Sa femme Nelly est malade depuis plus de 2 ans. Cette femme qui était pleine de joie de vivre vendait du riz au marché. Elle doit avoir eu un accident cérébral (les médecins ne donnant pas d’explication, nous avons compris cela par nous-mêmes), elle s’est retrouvée paralysée d’un côté. Elle marche à nouveau maintenant mais a perdu son dynamisme  et est une charge en plus pour toute la famille.

Gérald a été un vrai soutien pour toute la famille. Dès son adolescence, il a travaillé pour aider sa maman à nourrir et s’occuper de tous ses frères et sœurs, prenant un peu une place de père (celui-ci étant fort absent). Il est encore et toujours un guide pour tous. Le dimanche, il va à l’église, il est protestant, très croyant et cite souvent les écritures. Il a toujours beaucoup à faire pour s’occuper de sa grande famille mais quand il a un peu de temps le dimanche après-midi, il joue aux dominos. Il est toujours de bon conseil, plein de sagesse et veille à la « bonne moralité » de chacun dans la famille.

Il souffre parfois au niveau de ses oreilles car il plonge depuis beaucoup d’années et les médecins lui recommandent d’arrêter la plongée. Mais c’est son gagne pain alors il continue !

C’est quelqu’un que nous apprécions beaucoup et malgré les difficultés qu’il rencontre, il a la délicatesse de ne jamais rien nous demander. Il reçoit volontiers notre aide lorsque nous la lui proposons avec toujours beaucoup de reconnaissance.

                                            Carole et Yay

 

 Jones Silien

Jones a 25 ans. Il est le huitième, avant-dernier enfant de la famille de Yay. Il est un brillant étudiant en deuxième année d’agriculture. Très curieux de tout, apprenant vite, cherchant toujours à comprendre, il est depuis quelques années actif dans le reboisement de sa région avec l’aide de l’association « Ti grèn lavi » et de notre belle-sœur Myriam.

Il est quelqu’un de fiable, sérieux dans ce qu’il entreprend et honorant toujours sa parole. On peut compter sur lui.

                                               Carole et Yay

 

2) Parrainage de la petite école Steiner

 

L’Ecole du village.

Myriam Silien vit actuellement à Torbek, près de la ville des Cayes en Haïti. Mariée avec un haïtien (René, un des frères de Yay), mère de 3 enfants, elle a fondé une école depuis 5 ans.  Fille d’agriculteur en biodynamie, ancienne élève de l’école Steiner de la Mhotte, c’est tout naturellement qu’elle s’inspire de la pédagogie Steiner : « je ne connais rien d’autre, dit-elle ».

« L’Ecole du Village » compte cette année 45 enfants dont trois en cinquième classe, quatre en deuxième, cinq en première et 33 aux jardins d`enfants. La petite école a de plus en plus de succès, les parents sont satisfaits de voir leurs enfants heureux. 

Une participation financière est demandée aux parents mais elle est minime pour que les plus pauvres puissent y avoir accès. Il faut donc que l’école soit soutenue par ailleurs. C’est l’asbl « Ti gren lavi. Haïti » qui assure principalement le salaire des professeurs, la location du bâtiment, les repas servis aux enfants etc. Mais cette association n’a pas de grands moyens… C'est pourquoi nous vous sollicitons pour venir en renforts.

Comment cette école est-elle née?

Partie en 1996 en Haïti Myriam Labbé, va aider une religieuse canadienne dans un orphelinat. Cette institution située sur l’Ile à Vache à 20 km des Cayes abrite actuellement une soixantaine d’enfants. Myriam va y travailler deux ans. Son séjour lui fait rencontrer René Silien habitant l’ile à Vache, menuisier de son métier et attentif au développement de l’île.

Une fois mariés, elle quitte l’orphelinat et vit sur l’île en s’occupant de développement avec son mari : installation de toilettes publiques, construction de citernes, reboisement, tout en gardant le contact avec l’orphelinat tout proche, notamment en prenant en charge le salaire des enseignants fonctionnant à l’école de l’orphelinat.

Bien vite leurs deux enfants (rejoint en 2004 par un troisième petit adopté) vont demander une scolarisation et Myriam, vu la qualité des écoles locales…, va petit à petit mettre sur pied un jardin d’enfants et puis une école primaire.

Les parents de Myriam, belges installés en France, aidés de quelques bénévoles mettent sur pied une association reconnue par le droit français « les solidaires de l’île à Vache » qui récoltent des fonds pour permettre ce développement.

En 2007 la famille s’installe sur la Grande Terre à Torbek  situé à 7 km des Cayes la troisième ville d’Haïti en importance. Le nom de l’association change et devient "Ti grèn lavi" qui signifie en créole "Petite graine de la Vie"

 

Depuis le tremblement de terre, Myriam est inquiète car plusieurs murs de l’école sont fissurés. Ils ont donc repris les cours à l’extérieur, quand il ne pleut pas, et cherchent une solution… Peut-être reconstruire un bâtiment en dur...

Voici des extraits d'une lettre qu'elle nous envoie:

                                                                                                                                       Vendredi 5 février 2010

Très chers tous,

Un petit moment entre les casseroles, et la vaisselle …

Nous avons donc recommencé l`école depuis deux jours avec des enfants enchantés et certains de leurs frères et sœurs dont l`école ne recommence pas et qui sont très heureux de venir partager un peu de temps et se remplir le ventre. Il y a notamment tous les frères de  deux élèves du jardin d`enfants qui sont  là depuis plusieurs années, ce sont les enfants d un témoin de Jehova, mais pas du tout le même style de témoin de Jehova que chez nous, un homme très bon, très droit et très simple, toujours prêt a rendre service et qui ne se permet jamais d`avoir des dettes envers l`école malgré la pauvreté dans laquelle il vit avec sa femme et ses sept garçons, car il dit, lui, savoir à quel point cette école lui rend service.

Samedi passé je l`ai rencontré aux Cayes sur son vélo et c`est alors qu' il m’appris que l’ une de ses deux filles aînées  était à Port-au-Prince et a reçu des  blocs sur elle qui lui ont non seulement cassé le bassin mais également des cotes, son beau-père a également la jambe en bouillie et doit être amputé… le voilà donc contraint  d`habiter aux Cayes, à l`hôpital afin de donner à ses deux malades tous les soins ; car si les infirmières paradent tout de blanc vêtues, c’est à peine si elles donnent les médicaments, mais en ce qui concerne la toilette, le repas etc..  tout est sous la responsabilité de la famille…

Comme il allait descendre à Torbeck sur son petit vélo porter un peu de riz  a sa femme pour retourner ensuite aux Cayes,  je lui ai proposé d’ y aller moi-même et j` ai trouvé sa femme dans sa toute petite maison toute cassée, à genoux à terre avec autour d`elle tous ses garçons en train de regarder quelques racines de manioc  immangeables car trop amères. Je lui ai donné ce que son mari lui envoyait et aussi $200 ht. Elle s’est alors mise à pleurer et j` ai dû me retenir pour ne pas en faire autant lorsqu’elle m’a dit que les enfants n`avaient pas mangé depuis la veille au soir et qu’elle ne savait pas quoi leur donner puisque les maniocs étaient amers et donc toxiques, (ils ne peuvent servir que pour faire la casave, une espèce de galette mais il faut avant en faire de la farine qui doit sécher au moins 24 heures). Cela me rappelait une histoire que m`avait racontée  Rosanne à l`île à Vache, d`une maman qui avait demandé à un de ses voisins de lui donner quelques maniocs pour ses enfants, mais celui-ci lui avait répondu qu’ il faudrait qu’ elle en fasse de la casave car ils  étaient amers. Et pourtant en rentrant chez elle, ses enfants avaient tellement faim, qu’elle s`est dit que quelques bouts de manioc bouillis les feraient tenir jusqu' à demain en attendant la casave, mais malheureusement le lendemain ils étaient tous morts intoxiqués…

Ce que je vous raconte n`est pas très drôle mais c` est à cela qu' elle m` a fait penser… je lui ai alors proposé de prendre tous ses enfants le lendemain à l`école et  je peux vous dire qu' elle n`a pas hésité une seconde avant de répondre oui. Et toute cette équipe de garçons est très heureuse…

Nous avons aussi Pierre Sunly qui est là en attendant que son école ouvre, et c`est vrai que son école à lui est une énorme bâtisse à plusieurs étages, je ne sais pas quand ils pourront rouvrir.

Il y a quelques  autres enfants au jardin d`enfants, et pas mal de frères et sœurs qui, lorsqu' ils viennent chercher leur petit frère ou sœur, en profitent pour manger quelque chose.

En tout cas nous avons bien fait de rouvrir même si nous sommes complètement dehors, nous faisons ce que nous pouvons, évidemment ce n`est pas la même concentration `qu’ à l`intérieur et le fait de ne pas avoir de tableau est quand  même très embêtant, surtout en 5ème classe, mais que faire d`autre ???

La maison est quand  même gravement fissurée et nous avons découvert de nouvelles fissures que nous n`avions pas encore vu vendredi. Le problème c`est que manifestement elles se prolongent sur le plafond et le sol en passant par les murs.

Tombera-t-elle ?  ne tombera-t-elle pas ?

En tout cas nous ne serons pas  en dessous, hier j`ai passé l`après-midi à courir  partout aux Cayes à la recherche de tentes sous lesquelles nous pourrions faire classe mais en fait  il n y en a pas , il n`y avait que des petites tentes pour dormir ; les grandes sont restées à Port-au-Prince, j` ai un peu regardé pour des bâches mais en fait celles que l`on trouve aux Cayes sont chères et de très mauvaise qualité, cela ne vaut pas la peine, il en existe de très solide mais c`est à Port-au-Prince qu' on les trouvait… autrement dit il faut abandonner cette idée.

Mais finalement le problème le plus inquiétant  c`est le matériel scolaire… en effet il serait en fait urgent de sortir le matériel de la maison car si par malheur elle tombait nous perdrions tout… mais où le mettre ?

Il n`y aurait jamais assez de place dans notre maison et louer une maison exprès pour cela maintenant est presque impossible vu l`afflux de gens qui cherchent maintenant une maison et d`autant plus du fait qu’il nous faudrait une maison sûre  et à proximité  puisque nous avons besoin du matériel pour pouvoir continuer à travailler.

Alors finalement semble-t-il la meilleure solution et sans doute la moins chère et aussi la plus rapide serait de construire une maison en dur et bien fermée dans laquelle nous entasserions tout le matériel tel que livres, cahiers, crayons,  instruments de musique et batterie de cuisine, en fait tout ce qui serait susceptible d`être volé et autour des petites maisons pays en   « clisse »(comme un tressage) que l`on recouvre ensuite de terre , de chaux ou d`une légère couche de ciment et couvertes de tôles dans lesquelles nous pourrions faire classe et laisser une partie du matériel tel que  chaises, tables et tableau… nous serions aussi alors plus en sécurité en cas de tremblement….je ne sais ce que vous en pensez et si il y a possibilité mais il est vrai nous sommes maintenant à la rue et que si nous perdons le matériel ce serait quand même très  handicapant..."

Je vous embrasse,

 

Myriam Silien

 

Pour soutenir cette initiative, c'est le même n° de compte que pour l'aide à la famille de Yay. Il faut juste spécifier en communication que votre don est destiné à l'Ecole du Village.

 

063- 4923460-66  IBAN: BE07 0634 9234 6066  BIC: GKCCBEBB

3) L'orphelinat de Port au Prince

Haïti et ses enfants ont besoin d'être soutenus dans la durée.

L’association française "rencontre adoption", qui a mis en place il y a quelques années un système de parrainages dans les crèches dont la FEH (Fondation pour les Enfants d'Haïti), demande de rejoindre les parrains dans ce soutien particulier.

 

Parrainer un enfant, c'est lui permettre d'être nourri, logé, soigné, habillé et aller à l'école.

Intéressé(e)? Tous les renseignements sont sur le site de "rencontre adoption" dont vous trouvez le lien ci-après. Il suffit de consulter la rubrique parrainage, remplir le bulletin et le retourner à l'adresse indiquée.

 Les dons à partir de la Belgique sont à effectuer sur le compte : IBAN FR76 1599 9022 0900 0201 1220 107 BIC CMCIFR2A de la FEH.

 

FEH est dirigé depuis 25 ans par Gladys, femme extraordinaire, dont j'ai fait la connaissance à Port au Prince lors de l'adoption de Nathalie en 2001. Vous trouverez beaucoup d’informations sur cette personne et sur l’aide qu’elle offre à ses concitoyens sur le site de « rencontre adoption ». Des questions, suggestions ? Vous pouvez me joindre

au 0476 40 29 56 ou via mail colettemathy932@gmail.com

Un tout grand merci pour eux http://www.rencontreadoption.com des extraits du dernier courrier de Gladys sur la situation qu'ils vivent là-bas.Voici

Chères Bienfaitrices et Chers Bienfaiteurs, 

"...Il faut également penser à agrandir le Village des Enfants, qui loge déjà les jeunes enfants orphelins, les handicapés et une crèche. Si je pouvais ajouter un étage au bâtiment qui loge les handicapés, celui-ci pourrait recevoir les équipes médicales volontaires diverses ainsi que les thérapeutes physiques et occupationnels dont il y a un si grand besoin. 
En fait, les bâtiments logeant les enfants et l’école ont subis des dommages structurels importants qui obligent à reloger en toute urgence tous les occupants au Village. 
Pour le moment, la majorité des enfants dorment à la belle étoile car nous n’avons pas encore pu trouver suffisamment de tentes pour les abriter tous, d’autant que de nombreux membres de leurs familles élargies les ont rejoints, étant eux-mêmes également sans abri et emmenant avec eux de nouveaux orphelins. 
L’accroissement exponentiel du nombre d’orphelins m’interpelle fortement et me pousse à envisager la construction d’un troisième édifice au village aussitôt que possible. À cela devront s’ajouter de nouvelles salles de classes pour tous ces enfants. 
La Fondation apporte également un soutien financier à de nombreuses personnes désireuses de quitter Port-au-Prince pour se rendre chez des parents en zone rurale, ou des ressources alimentaires agricoles sont plus facilement accessibles. 
Je vous remercie du fond du cœur pour votre appui, votre support et vos encouragements..."

 

                                                                            Gladys Thomas 

 

 

Photos de la petite Ecole du Village

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débuts timides et tâtonnants

Ca y est je m'y mets! Mon ami Jacques m'a montré comment faire, j'espère ne pas trop galérer pour y arriver...

Ce blog est dédié à Haïti et plus particulièrement à notre opération de solidarité avec une famille et avec une école de là-bas. Je vais y "poster" pour commencer les textes de présentation que nous avons fait pour notre petit journal d'école: le Courrier du vendredi et quelques photos. J'attends vos réactions, propositions et commentaires. Allez-y gaiement!